Un dimanche de février, j’ai renversé ma trousse maquillage sur la table de la cuisine. Vingt-trois objets. J’ai fait deux tas : ce que j’avais touché dans le mois, et le reste.
Le premier tas en comptait neuf.
Ce que contenait ma trousse maquillage, au détail
Le détail n’a d’intérêt que parce qu’il est banal. Quatre rouges à lèvres dont un seul ouvert. Trois crayons noirs quasi identiques. Deux fonds de teint, un trop clair acheté en hiver, un trop foncé acheté en août. Une palette de douze fards dont j’utilisais trois cases, toujours les mêmes, creusées jusqu’au plastique pendant que les neuf autres restaient intactes.
Et au fond, cette poudre compacte offerte dans un coffret, dont le couvercle ne ferme plus depuis longtemps.
Ce qui m’a frappée, ce n’est pas la quantité. C’est la redondance. J’avais racheté trois fois la même chose en croyant chaque fois essayer autre chose.

Les neuf qui restent
Une crème teintée légère, parce qu’un fond de teint couvrant me donne un visage figé que je n’aime pas sur les photos. Un correcteur pour les cernes, le seul produit que je rachète sans jamais hésiter. Un blush en crème, plus facile à rattraper qu’une poudre quand la main dérape.
Côté yeux : un crayon brun, un mascara, et un fard beige rosé qui sert de base à tout. Côté lèvres : un baume teinté pour tous les jours, un rouge plus franc pour le reste, et un crayon de la même famille de couleurs.
Neuf produits, une trousse qui ferme, et un matin qui dure six minutes au lieu de quinze.
Les dates d’ouverture, que je notais mal
Chaque produit porte un petit pot ouvert avec un nombre de mois : 6M, 12M, 24M. C’est la durée après ouverture, pas après achat, et personne ne note jamais la date d’ouverture.
Moi non plus, pendant quinze ans. Maintenant je colle une gommette avec le mois et l’année sous le produit au moment où je le déballe. Ça prend dix secondes et ça règle la question du doute.
Le mascara est celui qui compte le plus, parce qu’il est en contact direct avec l’œil et qu’il sèche en se chargeant de ce qui traîne sur les cils. Trois à six mois selon les indications, et je ne discute pas. Les fards secs, eux, durent très longtemps. Les fards à paupières pressés que j’ai depuis quatre ans se comportent exactement comme au premier jour.
Ma règle de tri, une fois par an
- Tout sort de la trousse et se pose sur une surface claire.
- Ce qui n’a pas servi depuis six mois part dans une boîte à part, pas directement à la poubelle.
- Si la boîte n’a pas été rouverte six mois plus tard, elle se vide.
- Rien ne rentre tant que je n’ai pas vérifié que je n’ai pas déjà la même teinte.
La trousse elle-même
J’ai longtemps utilisé une pochette en tissu à fermeture éclair, souple, dans laquelle tout se mélangeait. Un correcteur s’est ouvert dedans un jour de train et j’ai passé une demi-heure à nettoyer.
Je suis passée à une trousse rigide, à fond plat, avec une poche intérieure pour les pinceaux. Elle tient debout ouverte sur un lavabo d’hôtel, ce qui paraît anodin mais change tout quand on se maquille ailleurs que chez soi. Le tissu intérieur est clair, donc je vois immédiatement quand quelque chose a coulé.

Pour le reste, je range le gros de mes produits ailleurs, et j’en parle dans mon billet sur le rangement maquillage, parce que la trousse n’est pas censée tout contenir.
Ce que je transporte, et ce qui reste à la maison
La trousse qui part dans le sac ne contient pas les neuf produits. Elle en contient quatre : le baume teinté, le correcteur, le crayon brun et un petit miroir.
Ce sont les seuls que j’ai déjà eu besoin de retoucher en journée. Le reste tient du matin au soir ou ne se rattrape pas correctement sans lumière décente, et une retouche de fond de teint dans des toilettes de restaurant donne rarement un bon résultat.
Cette séparation a eu un effet auquel je ne m’attendais pas : la grosse trousse reste ouverte sur la commode, donc je vois son contenu tous les matins, donc je repère immédiatement un produit qui n’a pas bougé depuis des semaines. Le tri annuel est devenu presque inutile parce que le tri se fait en continu.
Même logique qu’avec mes bijoux, où tout ce que je ne vois pas finit oublié. J’en parle dans le billet sur les boucles d’oreilles pendantes, et c’est le même mécanisme : la visibilité décide de l’usage.
Le point qui me reste en travers
Je n’ai aucune compétence pour juger une formule, une liste d’ingrédients ou une allégation. Je sais seulement ce qui tient sur mon visage une journée de travail et ce qui disparaît à midi. Quand je lis des avis très assurés sur la composition d’un produit, je passe mon chemin.
Ce que je peux dire, c’est que compter m’a coûté un dimanche matin et m’a évité trois achats inutiles depuis. Le tri vaut largement l’heure qu’il prend.
